J'ai trouvé de l'or, et même quelques étoiles...

J'ai trouvé de l'or, et même quelques étoiles...
Je suis essoufflée, j'ai couru trop couru trop vite j'ai même plus l'habitude, mais c'était le dernier coucher du soleil que je pouvais voir d'ici, alors je voulais pas le rater, alors j'ai couru jusque là mais il était trop tard, j'ai pas couru assez vite et le voilà déjà derrière la grande mer, dans ses draps salés, et quand il se lèvera, ce sera l'heure de partir. La nuit s'installe et devient mienne, ultime, elle s'installe lentement et nous sommes entre chiens et loups, tout est orange et gris, les contours des choses deviennent flous, moi j'ai les pieds dans l'eau et je pleure.

Je pleure parce que j'ai raté le soleil, qu'il est parti sans moi, il m'a même pas attendue ce salaud. Est-ce qu'il sait au moins que demain c'est moi qui pars, est-ce qu'il est au courant, est-ce qu'il n'aurait pas pu rester encore un moment, le soleil...
Et j'ai les pieds dans l'eau ça mouille le bas de mon jean, j'aurais du rester en jupe parce qu'il fait chaud. Il y a la mer, là sous mes pieds sous mes yeux sur mes joues, tout autour de moi et elle est tellement immense que mon chagrin devient petit, tout petit, les vaguelettes se cognent doucement à mes chevilles, tout petit, minuscule, l'eau me berce, polit mon chagrin, me voici ivre d'elle, les yeux mi-clos je l'écoute chanter...

Et puis je sens deux mains autour de mon ventre qui me serrent contre un corps que je connais par c½ur, je ne sursaute même pas et il me murmure tu pleures, et moi je lui souris je répond que je ne fais que rendre à la mer l'eau salée de toutes les tasses que j'ai pu boire à cause de trop gros fou-rires, ça le fait sourire aussi mais son regard est triste comme le mien et c'est beau un sourire triste, c'est comme la pluie et le soleil mélangé, ca fait de la lumière dans les flaques et ça éblouit.

Et toi ta clope à la main on dirait un marin, j'ai jamais trop aimé naviguer parce que j'ai le vertige des profondeurs, la mer je préfère la regarder depuis le sable ou les rochers, elle m'intimide donc me fascine, moi je préfère l'admirer.
Et toi mon marin je sais que malgré ton sourire tu ne vas pas tarder à reprendre le large, à ton grand regret mais parce qu'il le faut et en me laissant sur ma petite terre où il n'y a pas de tempête. Il n'y a jamais de tempête d'ailleurs je ne connais pas la tempête, juste les quelques pluies fines et les orages aux gros bras mais je n'ai jamais été prise au piège, au milieu des éléments avec la peur au ventre et le sentiment que tout peut s'écrouler d'un instant à l'autre. Et toi tu vis sur ce bateau, sur ta galère et tu connais tout ça et moi j'ai toujours la frousse que tu coules au fond de l'eau, même si tu sais nager, c'est si vite arrivé.
Je voudrais te retenir, te faire rester, t'emmener avec moi dans cette maison à côté de la forêt, où il pleut entre les arbres et ça fait des flaques, après il n'y a plus qu'à attendre le soleil vienne y faire des reflets et ça fera la vie, avec ses doutes et ses instants de joie, avec ses départs, ses surprises et ses tempêtes.

Mais j'ignore contre quoi lutter et mes bras sont trop petits. Je vais retourner au milieu dans les terres et recommencer à vivre ma vie normale, en jetant des coups d'½il vers l'horizon, et quand je verrai le bateau, j'irai au port, en courant, en courant trop vite même si j'ai pas l'habitude, je serai un peu essoufflée mais je serai là, au port, et tout les deux on ira mettre les pieds dans l'eau, et on aura comme à chaque fois l'impression de ne jamais s'être quittés.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 09 août 2009 16:48

Modifié le mardi 11 août 2009 14:53

Believe the dreams come true every day. Because they do.


Petite fille, tout change toujours.
Tes rêves changent de consistance, de direction, de prénom. Bien sûr qu'ils sont toujours là, à rythmer ton c½ur et te laisser croire que la vie est belle. Mais tu grandis et eux aussi, tu les emmène, et quand tu vis, ils vivent aussi et se laissent ajouter de nouvelles guirlandes d'émotions, des sourires plus détaillés, des arrières plans plus profonds, et tu les vois plus clairs, alors...

Petite fille je sais que cet espoir là était un de tes plus grands, alors comment te dire ce que j'ai entre mes doigts aujourd'hui... Tu l'a tant attendue, cette lettre écrite à l'encre rouge, que tu as fini par appeler fantôme, ces mots qui mettraient fin à tes doutes et ton incertitude, ces phrases qui te rassureraient, enfin.
Petite fille aujourd'hui j'ai reçu cette lettre. Celle que tu as rayé de ton imagination car tu ne la recevais pas, celle que tu t'es lassée d'attendre. Je l'ai, elle est arrivée. Elle est écrite en bleu, et ce n'est pas plus mal.
Petite fille de mon passé, mon petit moi d'il y a des années.
Je me souviens de ta douleur et de tes yeux trempés, je me rappelle tes mots très durs et tes sanglots étouffés. Je relis tout ce que tu écrivais et ce n'est pas difficile à comprendre ; je n'ai jamais oublié.
Je me souviens et j'aimerais tant pouvoir te dire que tout s'arrange, que parfois les rêves, on les oublie, et qu'un beau jour, certains reviennent en prenant vie.
La lettre a été enveloppée dans du papier un peu jauni, ou bien est ce le voyage. Elle a été postée depuis ton paradis, est ce que tu l'aurais cru ? Ton adresse est bien là, ton prénom et ton nom, ils ont été tracés d'un sobre noir à bille, et les lettres sont un peu bancales. Et à l'intérieur, une carte postale, et une feuille pliée. En haut à gauche, elle est datée du 30 juillet, 2 heures du matin. L'écriture est carrée et régulière, elle descend vers le bas c'est signe de pessimisme. C'est une simple lettre. Elle vaut tout l'or du monde. Elle vaut le passé, le chemin parcouru, elle vaut l'espoir et la bataille remportée sur les « on dit », elle vaut le fait d'y avoir toujours cru.
Et maintenant me demanderas-tu, que va-t-il se passer, je ne sais pas petite fille, comme toi tu l'ignorais. Mais grâce à toi j'ai appris que la vie nous attend toujours au tournant, et qui sait, demain peut être...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 04 août 2009 13:34

Modifié le mardi 11 août 2009 14:55

Il y mettait du temps, du talent, et du c½ur, Ainsi passait sa vie, au milieu de nos heuresEt loin des beaux discours, des grandes théories Inspiré jour après jour de son souffle et de ses cris... Il changeait la vie.

Il y mettait du temps, du talent, et du c½ur, Ainsi passait sa vie, au milieu de nos heuresEt loin des beaux discours, des grandes théories Inspiré jour après jour de son souffle et de ses cris... Il changeait la vie.

# Posté le mercredi 01 juillet 2009 10:07

Modifié le samedi 04 juillet 2009 18:16

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 28 juin 2009 11:49

You are the dancing queen... :)

You are the dancing queen... :)
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 28 juin 2009 11:42

Modifié le mardi 30 juin 2009 05:51